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Cellules tumorales

Il existe plus de 3,7 millions de publications scientifiques sur le cancer. C’est un domaine diversifié avec des études sur le développement de médicaments, les métastases, la malignité, l’évolution des tumeurs, la génétique du cancer, la réponse immunitaire, etc. Ces publications regroupent tous les aspects importants d’une maladie en constante augmentation chaque année. Mais qu’est-ce qu’une cellule tumorale ? 

Les cellules tumorales sont des cellules issues d’un tissu ou organe normal, qui sont reprogrammées à travers l’accumulation progressive de mutations dans leurs génomes. Ces cellules ne répondent plus à la plupart des signaux qui contrôlent la croissance et la mort cellulaires, s’écartant de la normalité. Ces mutations confèrent aux cellules tumorales des « avantages » dans la compétition pour les ressources (oxygène, nutriments, espace, etc.). L’accumulation de ces propriétés compétitives déterminera la progression tumorale. 

Il est important de noter qu’il n’y a pas une seule cause de cancer, c’est une maladie multifactorielle. Les facteurs impliqués peuvent être l’hérédité, certains troubles génétiques, épigénétiques (modifications génétiques qui n’affectent pas la séquence génétique elle-même), l’environnement, le mode de vie, l’exposition à certains virus, etc. Mais quelle qu’en soit la cause, lors de ce processus de transformation, presque toutes les cellules cancéreuses ont des altérations des :

  • gènes favorisant la croissance : ils contrôlent la croissance normale des cellules. 
  • gènes suppresseurs de tumeurs : ils suppriment la prolifération cellulaire ou les signaux nécessaires à la mort cellulaire. 
  • gènes de réparation de l’ADN : ils aident à reconnaître les erreurs lorsque l’ADN est copié pour créer une nouvelle cellule. Si ces gènes ne fonctionnent pas correctement, le taux de mutation augmente.

De plus, les tumeurs contiennent des populations cellulaires hétérogènes aux caractéristiques biologiques diverses. L’enjeu est de comprendre cette hétérogénéité et de pouvoir adapter le diagnostic et les traitements en fonction de cette variabilité.

Ref:

https://stanfordhealthcare.org/medical-conditions/cancer/cancer/cancer-causes.html

www.nature.com/scitable/topicpage/cell-division-and-cancer-14046590


Le cancer en chiffres 

Le cancer est une maladie dévastatrice et à forte incidence avec des conséquences cliniques, sociales et économiques. Le risque de développer un cancer dans une population de 0 à 74 ans est de 20,2% (22,4% pour les hommes et 18,2% pour les femmes) avec un risque de décès de 10,6% (12,7% pour les hommes et 8,7% pour les femmes). 

En 2018, 18 millions de nouveaux cas ont été diagnostiqués. Actuellement, les cancers du poumon (2,09 millions de cas), du sein (2,09 millions de cas) et de la prostate (1,28 million de cas) sont les plus courants. 

En termes de mortalité, le cancer est la deuxième cause de décès dans le monde (8,97 millions de décès en 2016), dépassé uniquement par les cardiopathies ischémiques. Cependant, on estime qu’il deviendra la principale cause de décès d’ici 2060 (~ 18,63 millions de décès). Lorsqu’ils sont analysés par sexe, le cancer du poumon – pour les hommes – et le cancer du sein – pour les femmes – sont ceux dont la mortalité est la plus élevée. En revanche, les cancers de la prostate et de la thyroïde sont ceux qui ont le meilleur pronostic, avec une survie à 5 ans de quasiment 100%. 

Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent (13%) chez les femmes de 15 à 49 ans. Parmi eux, le cancer du sein triple négatif, qui représente environ 10 à 20% des cas, est particulièrement agressif. La tumeur triple négative est définie par l’absence de 3 récepteurs (protéines cellulaires) : 2 récepteurs hormonaux (récepteurs aux œstrogènes et à la progestérone) et l’absence d’amplification / de surexpression du récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain  (HER2) – protéine régulant la multiplication cellulaire. En raison de l’absence de cibles thérapeutiques spécifiques (récepteurs aux œstrogènes, à la progestérone et HER2), le traitement principal du cancer du sein triple négatif est la chimiothérapie, mais les résultats sont limités. Ce sous-type de cancer se caractérise par un âge d’apparition plus jeune, un risque élevé de récidive après la chirurgie, un risque accru de métastases viscérales, des options de traitement limitées et, par conséquent, un mauvais pronostic (résultat). Le pronostic plus faible du cancer du sein triple négatif s’explique par des taux de récidive précoce de 10 à 15% par an pendant les premières années après la chirurgie initiale, contre 3 à 5% par an dans le cancer du sein ayant des récepteurs œstrogéniques positifs et des récepteurs progestatifs positifs, dont les récidivent peuvent se reproduire des décennies après le diagnostic. Pour un patient cancer du sein triple négatif atteint d’un cancer distal (métastase), le pronostic du taux de survie relative à 5 ans est d’environ 11%. Mais les perspectives pourraient être améliorées avec de nouvelles thérapies. 

Ces dernières années, la survie globale des cancers du sein triple négatif avancés ne s’est pas améliorée de manière significative et la survie des patientes est significativement plus courte que celle des autres sous-types de cancer du sein. Au cours de la progression du cancer, les cellules tumorales créent un micro-environnement dans lequel les points de contrôle des cellules malignes sont évités et la réponse immunitaire est supprimée, permettant ainsi la progression de la tumeur. Cependant, certains essais médicaux utilisant des immunothérapies, dans lesquels le système immunitaire lui-même est renforcé pour reconnaître et combattre les cellules tumorales, semblent avoir des résultats positifs, apportant de l’espoir à ces patients. 

Dans ce scénario, il est essentiel d’identifier de nouvelles stratégies et des cibles thérapeutiques spécifiques pour ce type de cancer. 

Ref 

doi.org/10.2991/jegh.k.191008.001

doi.org/10.1016/j.semcancer.2020.02.010

doi.org/10.1186/s13058-019-1210-4

DOI: 10.1158/1078-0432.CCR-16-3001

www.cancer.org/cancer/breast-cancer/understanding-a-breast-cancer-diagnosis/types-of-breast-cancer/triple-negative.html